LES ANIMAUX FANTASTIQUES

 

Les aventures de Norbert Dragonneau, l’auteur du livre Les Animaux Fantastiques qu’étudiait Harry Potter.

Le film « Les Animaux Fantastiques » s’ouvre en 1926 alors que Newt Scamander vient juste de terminer son tour du monde qui avait pour but de trouver et de réaliser une collection de créatures magiques. Arrivé à New York pour une brève escale, il aurait pu en repartir sans incident… C’est sans compter sur un No-Maj (le terme américain pour Moldu) nommé Jacob , une valise magique égarée, et l’évasion de certains des animaux fantastiques de Newt, qui pourraient semer le trouble dans le monde magique et le monde moldu.

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Aux origines du « Wizarding World of Harry Potter »
Pour bien comprendre comment l’univers de sorcellerie imaginé par l’écrivain est en train de dépasser son héros d’origine, il faut revenir au point de départ de la saga. Le 27 juin 1997, soit il y a près de 20 ans déjà, sortait le premier tome, Harry Potter à l’école des Sorciers, écrit dans l’optique de démarrer une franchise littéraire pour enfants et adolescents. Son succès étant grandissant, la Warner Bros. achète ses droits d’adaptation peu de temps après et en 2000, alors que seuls trois épisodes ont été publiés, la première adaptation entre en tournage avec Daniel RadcliffeEmma Watson et Rupert Grint dans les rôles principaux, entourés d’acteurs britanniques de renom pour incarner les adultes, qu’ils soient professeurs, sorciers ou moldus. Le film de Chris Columbus sort sur les écrans en novembre 2001 et connaît un énorme succès : fort de 974 millions de dollars de recettes dans le monde, il s’agit du deuxième plus gros carton de la franchise cinématographique après l’ultime opus, qui a franchi le milliard en 2011.

La saga de romans s’arrête durant l’été 2007 avec la parution du septième tome, Les Reliques de la Mort… du moins jusqu’à l’écriture de sa suite The Cursed Child. Enfin, la coécriture avec John Tiffany et le metteur en scène Jack Thorne, plutôt. The Cursed Child, Destinée à être jouée au théâtre, la pièce met surtout en scène les enfants de Harry, Ron, Drago etc, le héros s’effaçant pour laisser sa place à une nouvelle génération. Au cinéma, les sept livres ont inspiré huit films, sortis en novembre 2010 et juillet 2011. A ce moment-là, le succès est depuis longtemps transformé en phénomène planétaire et au final, la saga littéraire a été vendue à plus de 450 millions d’exemplaires dans le monde et celle sur grand écran a cumulé plus de 7,7 milliards de dollars de recettes.

En cours de route, de nombreux produits dérivés ont logiquement vu le jour : des tenues de sorciers aux couleurs des écoles de Poudlard (« Gryffondor », « Pouffsoufle » etc.) aux bonbons de Bertie Crochue en passant par les posters, DVD, jeux-vidéo (il en existe une dizaine, sur tous les supports possibles, proposés en général en parallèle des sorties ciné, puis des hors-série « Wonderbooks » à partir de 2012) etc. Et qui dit phénomène mondial dit moyens exceptionnels : Harry Potter a même été décliné en plusieurs parcs d’attraction, les « Wizarding Worlds of Harry Potter », ouverts à Orlando et Los Angeles, aux Etats-Unis, et  à Osaka, au Japon. Sans compter qu’une partie des studios de tournage anglais de la Warner Bros. a été transformée en musée pour accueillir les nombreux fans de passage en Grande Bretagne. Bref, s’il est étendu dans la fiction, l’univers magique est également très important objectivement parlant.

La transformation en « Wizarding World of J. K. Rowling »
L’auteure de Harry Potter a toujours supervisé l’évolution de son histoire, notamment en ayant un droit de regard sur le casting des films et même sur le choix des réalisateurs. Elle a également su impliquer ses lecteurs, puis les spectateurs, et c’est sans doute principalement grâce à cela que sa saga parvient à rivaliser avec les grands succès hollywoodiens actuels (Le Seigneur des Anneaux, Star Wars, les adaptations de comics…) : son monde magique est en perpétuelle évolution. Dès 1998, « La Gazette du Sorcier » était ainsi mise en ligne sur le web. En 2011, J. K. reprend l’idée en la développant via Pottermore, un site participatif où les internautes peuvent poser des questions, poster des histoires inspirées par l’univers et découvrir des récits inédits postés par Rowling. Des nouvelles, principalement, mais aussi des dessins originaux, qui sont partagés au compte-goutte sur la plateforme. Dans sa vidéo de présentation, J.K. insiste sur le côté « unique » de l’expérience, et sur l’importance de l’implication du public : « C’est la même histoire, mais avec quelques ajouts cruciaux. Le plus important ? C’est vous. (…) L’idée, c’est de partager de histoire, de participer à cette expérience tous ensemble ».

Sur le site, J.K. Rowling partage donc de nouvelles histoires avant qu’elles ne soient proposées en e-books. Intitulés « Pottermore presents », trois d’entre eux sont proposés à la vente, au prix de 2€99. Cela permet à l’auteur d’étendre son univers en présentant par exemple des écoles de magie encore jamais vues, comme celle d’Illvermorny, en Amérique du Nord, qui semble être importante dans… Les Animaux fantastiques, le spin-off de la série prévu cet hiver au cinéma. Tout est lié.

Avant de participer à Pottermore, en 2001 et 2007, J. K. Rowling défendait déjà l’idée d’un univers en extension en publiant de courts ouvrages liés à Harry Potter mais ne mettant pas vraiment en scène le héros : un bestiaire détaillant les créatures magiques peuplant son monde, Les Animaux Fantastiques, une histoire du sport favori des sorciers, Le Quidditch à travers les âges, et Les Contes de Beedle le Barde, racontés aux enfants dotés de pouvoirs, mais inconnus chez les Moldus. L’argent récolté par la vente de ces petits livres fut alors reversé à des associations caritatives.

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Les gros enjeux des Animaux Fantastiques
Parmi tous les projets en cours au cœur du « wizarding world », l’adaptation des Animaux Fantastiques est la plus importante en termes de budget, de création artistique et d’extension de l’univers magique. « Jo n’a qu’un objectif : élargir ce qu’elle appelle son “monde de sorcellerie, explique son réalisateur fétiche David Yates dans Première. C’est un travail qu’elle mène depuis longtemps : explorer ses idées premières, voyager dans les recoins de son univers ; dans tous les sens possibles. »

La création des Animaux Fantastiques s’inscrit parfaitement dans cette optique. Plutôt que de raconter le passé d’un personnage important de Harry Potter (Dumbledore ou Sirius Black, par exemple), la nouvelle trilogie du studio s’inspire d’un court bestiaire qui n’est même pas vraiment romancé. Les Animaux Fantastiques, c’est au départ un livre d’école étudié à Poudlard et annoté par Harry, Ron, Hermione et leurs copains. Il est écrit par un magizoologiste influent dans le « wizarding world », mais dont les lecteurs ne savent paradoxalement presque rien. Seulement qu’il a étudié à Poudlard (Pouffsouffle), qu’il est parti à New York dans sa jeunesse durant les années 1920, et qu’il a recensé de nombreuses espèces de créatures magiques pour écrire son livre de référence. Sorte de spin-off et préquel à la fois, la trilogie changera d’époque, de lieu principal et de héros. Impossible ainsi de parler de suite, mais plutôt de prolongation.

L’autre gros enjeu du concept, c’est de présenter pour la première fois aux spectateurs un long métrage qui n’est pas tiré d’un roman. J. K. Rowling est chargée d’en écrire les scénarios. A deux mois et demi de la sortie du film, le premier est pour l’instant tenu secret (les bandes-annonces en montrent le moins possible tout en jouant avec la nostalgie du public), mais il sera publié peu avant la sortie du premier volet, et on sait que l’auteure a écrit les grandes lignes de ses deux suites depuis quelque temps déjà. Là non plus, elle ne livre pas de détails pour l’instant. Pas même au réalisateur David Yates, qui revient aux commandes après avoir mis en scène quatre volets de Harry Potter, de L’Ordre du Phénix aux Reliques de la Mort – partie 2, ni à son acteur principal, Eddie Redmayne : « J’étais très excité à l’idée de travailler avec J. K. Rowling, nous détaille-t-il.. Je pensais qu’elle me donnerait des infos sur le personnage de Norbert, son histoire, son passé. Elle l’a fait mais avec parcimonie. Il était toujours clair qu’elle en savait plus que ce qu’elle me disait. »

Les animaux fantastiques sort en salles le 16 Novembre 2016

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